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Découverte de l'île

Connue des navigateurs arabes (ils la nommèrent Diva Morgabin), l’île de La Réunion fut découverte par des marins portugais, les premiers européens, au XVIe siècle. Pedro Mascarenhas, amiral de la flotte portugaise, laissa son nom à l’archipel des Mascareignes et en particulier à La Réunion qui fut, jusqu’au début du XIXe siècle , surnommée par les marins « Mascareigne » ou « Mascarin ». 
En 1638, le navire Saint-Alexis accoste l’île et son capitaine en prend possession au nom du roi de France, Louis XIII. De 1646 à 1649, l’île, concédée par Richelieu à la première Compagnie de Indes Orientales, accueille ses premiers habitants : une douzaine de mutins exilés de Madagascar. Et c’est en 1649, que le capitaine Lebourg est envoyé par le commandant de Fort-Dauphin, Etienne de Flacourt, pour prendre à nouveau possession de l’île (au lieu dit la Possession) et la baptiser « Ile Bourbon ».

L’occupation définitive de Bourbon débute en 1663, avec l’arrivée de deux Français et dix Malgaches. Le groupe est rejoint, deux ans plus tard, par une vingtaine de colons, installés sur l’île par la nouvelle Compagnie des Indes Orientales. La colonisation se fera avec lenteur et difficulté pour les premiers habitants.

 

La culture du caféier

Dans la seconde décennie du XVIIIe siècle la Compagnie des Indes décide de mettre l’île en valeur en développant la culture du caféier.
Deux variétés sont cultivées par les habitants, le Moka, introduit par les Malouins en 1715, et le Bourbon, café indigène découvert vers 1710. Le développement économique de Bourbon s’accompagne d’une augmentation de la population blanche mais surtout servile (plus de 25 000 habitants vers 1770).
Mais cette prospérité ne dure pas. Les exportations croissantes de café par les arabes et les Antillais concurrencent les productions locales. De plus, la production pays chute du fait des ravages d’un puceron dans les caféières. La perte des comptoirs indiens en 1763 oblige la Compagnie des Indes à rétrocéder l’île à l’administration royale l’année suivante.

 

De l'esclavage à nos jours

L’ESCLAVAGE : « CODE NOIR » - MARRONAGE ET ABOLITION


Le développement agricole de Bourbon au XVIIIème siècle rend nécessaire une importation massive de main-d’œuvre. La situation géographique de l’île et les coutumes de l’époque conduisent les colons à importer des esclaves, de Madagascar dans un premier temps ensuite d’Afrique. Le comportement abusif des maîtres envers leurs esclaves pousse le Roi Louis XV à adopter un texte d’ensemble définissant le statut de l’esclave (à Bourbon et à l’île de France) et visant à le protéger. L’édit de 1723 s’inspire du Code Noir élaboré à partir de la situation des Antilles. Certains esclaves, en général des Malgaches, épris de liberté s’enfuient dans les bois et surtout dans les hauts de l’île. Ils sont appelés « marrons ». Afin que ce mouvement reste limité, le Conseil Supérieur de Bourbon ordonne, dès 1725, la mise à mort des fugitifs qui refusent de se rendre. Des expéditions punitives sont menées contre les fuyards. En 1729, un règlement est établi pour organiser les poursuites de fugitifs. Des bandes de "marrons" s’organisent et viennent, la nuit, piller les maisons isolées. La population craintive se barricade dès la tombée de la nuit, surtout quand elle apprend que les colons ont été assassinés. L’évolution de l’opinion nationale et internationale, et surtout la révolution de 1848, conduisent les membres du Gouvernement Provisoire de la Seconde République à abolir l’esclavage le 27 avril 1848. Le procureur de la République, Sarda Garriga, arrivé à Saint Denis en octobre 1848, proclame l’application du décret d’abolition dès le 19 octobre. Il fixe la date effective d’émancipation des 62 000 esclaves réunionnais au 20 décembre 1848.


L’AGE D’OR D’UNE COLONIE SUCRIERE 



Après une brève prise de possession anglaise (de juillet 1810 à mai 1814), c’est une île à l’économie désastreuse qui est récupérée par la France. Depuis la perte de l’île de France (Maurice), Bourbon demeure la seule base française dans l’ouest de l’océan Indien. La pénurie de sucre que connaît alors la France (car elle a également perdu Saint-Domingue), incite les colons à cultiver la canne à sucre. On convertit les caféières de Bourbon en champs de canne et de nouvelles terres sont défrichées. 

Cette mutation entraîne la disparition des cultures vivrières mais surtout l’apparition des grandes propriétés. L’absence de voies de communication aisément praticables par des transports de masse, oblige chaque propriétaire à construire son moulin à sucre, augmentant ainsi l'investissement à effectuer (on compte 189 moulins en 1830). L’extension de la culture de la canne est rapide et la production passe de 9 000 T en 1825 à 22000 T en 1845. 

En 1848, la Deuxième République conduit à l’abolition définitive de l’esclavage dans l’île. Bourbon reprend alors le nom de Réunion (qui lui avait été attribué en 1794, après la Révolution). Le besoin de main-d’œuvre bon marché et docile pour la monoculture de la canne, pousse les propriétaires à importer des travailleurs indiens. De 1848 à 1860, la production de canne passe de 30 000 T à 73 000 T sur 100 000 ha. De 1860 à 1870, la production, concurrencée par le sucre de betterave en France, chute du fait d’une série de calamités naturelles (cyclones, épidémies ...), jusqu'à atteindre 25 000 T. Après une légère reprise de l’économie, les cours du sucre s’effondrent au début du XXe siècle.


DE LA COLONIE AU DEPARTEMENT 



Ces difficultés contraignent les Réunionnais à diversifier leur production agricole. C’est la relance de cultures en déclin (café, girofle, vanille ....) et l’introduction de nouvelles cultures, notamment pour l’extraction des huiles essentielles (vétiver, ylang - ylang, géranium), dans les hauts de l’île. La production de géranium passe de 10 T en 1890 à 60 T en 1910, faisant de La Réunion le premier producteur mondial. Malgré ces efforts, l’économie réunionnaise du début du XXème siècle reste fragile. Le redressement amorcé vers 1920 fut interrompu par la seconde guerre mondiale. Au lendemain de celle-ci, la colonie souffre d’une situation économique et sociale difficile. Alors que certaines colonies françaises rêvent d’indépendance, à la suite de la déclaration du Général de Gaulle à la conférence de Brazzaville sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, La Réunion tient à se rapprocher de la mère patrie. Le projet de départementalisation présenté à l’Assemblée par les députés Léon de Lepervanche, Raymond Vergès, Gaston Monnerville, Félix Eboué et Bissel est adopté à l’unanimité.
La loi du 19 mars 1946 transforme La Réunion, les Antilles et la Guyane en départements français d’outre-mer. Le premier Préfet de La Réunion, Paul Demange, est nommé le 20 juillet 1947. Il remplace le Gouverneur Capagorry le 15 août 1947.

 

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